L’ancien évêque di Falco condamné à 200 000 euros pour abus sexuels reconnus
Les scandales de violences sexuelles continuent d’ébranler l’Église catholique française. Dans une affaire remontant aux années 1970, la justice civile vient de reconnaître le préjudice subi par un homme désormais âgé de 65 ans. Une décision qui marque un tournant, malgré la prescription pénale des faits.
Une condamnation civile inédite
La cour d’appel de Paris a tranché en défaveur de Jean-Michel di Falco, ancien évêque aujourd’hui à la retraite. L’homme d’Église doit désormais verser une somme totale avoisinant les 200 000 euros à Pierre-Jean Pagès, qui l’accuse de viols et d’agressions sexuelles.
Le montant se décompose en plusieurs volets : 10 000 euros pour le préjudice sexuel, 70 000 euros pour les répercussions professionnelles, et 81 392 euros pour le déficit fonctionnel temporaire. Une reconnaissance financière du traumatisme subi.
Des faits présumés remontant au début des années 1970
Les accusations portent sur une période s’étendant de 1972 à 1975. À cette époque, Jean-Michel di Falco dirigeait le collège Saint-Thomas d’Aquin dans la capitale. C’est dans ce cadre éducatif que les abus se seraient produits.
La victime présumée, Pierre-Jean Pagès, a aujourd’hui 65 ans. Son combat judiciaire s’est révélé long et difficile, marqué par de multiples obstacles administratifs et juridiques.
Un parcours judiciaire semé d’embûches
La première plainte au pénal remonte à 2001, soit près de trente ans après les faits allégués. Mais la prescription pénale a systématiquement bloqué toute possibilité de poursuites criminelles.
Avant d’obtenir gain de cause au civil en 2023, Pierre-Jean Pagès a essuyé plusieurs rejets de la part des tribunaux. Cette condamnation civile représente donc une victoire après plus de deux décennies de procédures.
L’ancien évêque conteste fermement
Jean-Michel di Falco maintient son innocence face à ces accusations. Il se dit « extrêmement choqué » par la décision de la cour d’appel parisienne.
Sa défense a d’ores et déjà annoncé son intention de former un pourvoi en cassation. Son avocat affirme qu’il n’existe « aucun indice et de toute preuve matérielle » à l’encontre de son client.
Un traumatisme reconnu par la justice
Dans sa décision, la cour d’appel a souligné l’impact durable des abus présumés sur la vie de Pierre-Jean Pagès. Les conséquences se seraient manifestées tant sur le plan personnel que psychologique.
Cette reconnaissance judiciaire valide les souffrances endurées pendant des décennies par la victime, même en l’absence de condamnation pénale.
Une vague de révélations qui ne faiblit pas
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de dévoilement des violences sexuelles au sein du clergé catholique. Ces dernières années, les témoignages se multiplient, brisant progressivement l’omerta.
Depuis la création de l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) en 2021, environ 1 800 victimes ont entrepris des démarches. Un chiffre qui témoigne de l’ampleur du phénomène dans l’Église française.

